Une éleveuse de Saarloos condamnée à 4 mois de prison | Dogzine

Une éleveuse de Saarloos condamnée à 4 mois de prison

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Un tribunal français a condamné l'éleveuse néerlandaise et juge Cornelia Keizer à 4 mois de prison. Selon la décision, Keizer serait coupable à la fois d'élever des chiens-loups sans les papiers nécessaires et de maltraiter les chiens. L'allégation d'abus de confiance avec les cotisations associatives n'a pas pu être prouvée et pour cette raison Keizer a été acquittée. Keizer a annoncé qu'elle ferait appel.

L'histoire de Keizer âgée de 70 ans commence en avril cette année lorsque la SPA française, une association de protection animale, reçoit une lettre anonyme accusant l'éleveuse d'élever des chiens-loups dans des conditions "déplorables". Les chiens-loups de Saarloos et tchécoslovaques sont autorisés en France, mais les hybrides de loups d'origine incertaine sont soumis à des réglementations spécifiques et ne sont pas autorisés en l'absence de papiers. Keizer était également accusée d'élever et de vendre des chiens sous une casquette associative. D'après son site web, cette association appelée Les Loups Ravis est dédiée au replacement de chiens primitifs en état d'abandon ou qui ont besoin d'être replacés. Après avoir été stabilisés et socialisés, l'association replace ces chiens dans de nouvelles familles, et en assure un suivi.

Keizer n'est pas une inconnue dans le monde des chiens-loups. Depuis son premier Saarloos en 1973, elle a marqué le monde des chiens-loups, même si elle a une histoire controversée. En particulier avec les Saarloos, il y a une lutte féroce entre les puristes qui veulent éviter tout mélange dans le sang du chien-loup de Saarloos et d'un autre côté un groupe de personnes qui veulent recourir au métissage pour surmonter les problèmes de santé génétiques. Plus précisément, la politique d'élevage de l'Association Néerlandaise des Chiens-Loups de Saarloos explique : "la politique d'élevage centralisée se caractérise par une vision commun d'élevage, dans laquelle tous les membres prennent la responsabilité d'un élevage tourné vers l'avenir et de la gestion de la population. Ensemble nous risquons tout pour le plus important : un chien-loup de Saarloos en bonne santé, fiable et typique de la race." L'autre club de race, l'Association Générale des Amis des Chiens-Loups de Saarloos, voit les choses différemment. Selon eux, cette approche restrictive entraine trop de problèmes de consanguinité. "Les femelles ne sont plus gestantes, et l'accouplement avec les mâles est préoccupant, de moins en moins de chiots naissent, les portées sont de plus en plus réduites. Il y a aussi des chiots morts-nés." La NVSWH ne voulant rien entendre, l'AVLS a été créée en 2006. Keizer étant de plus en plus critiquée pour ses métissages aux Pays-Bas, elle avait déjà déménagé dans les Ardennes françaises pour y établir son élevage. Elle a également été supprimée du registre néerlandais des juges et enregistrée dans le registre français des juges tenu par la Société Centrale Canine, la centrale canine française.

Tout ceci a continué pendant des années sans problème, et son élevage est devenu de plus en plus gros. Jusqu'à la lettre anonyme arrivé ce printemps. La SPA a déclaré avoir trouvé des chiens victimes de négligence. Selon la presse française, 83 chiens émaciés ont été trouvé durant le contrôle effectué par la SPA en présence de représentants des autorités judiciaires françaises. D'autres sources font état de 133 chiens détenus dans des conditions terribles, incluant 60 chiots et jeunes chiens. Il a été dit que ce n'était pas la première plainte car en 2012 et en 2015 la situation avait été portée à la connaissance des organisations de protection animale et de la police, mais rien n'avait été fait à l'époque. Le club de race français des chiens néerlandais avait été informé mais n'avait entrepris aucune action. Keizer était aussi secrétaire de cette association, et officiait régulièrement en tant que juge. Bien qu'elle ait été suspendue pendant un an en tant que juge, après quoi Keizer a continué avec le club de race.

En fait, quand Dogzine interroge à ce sujet le club de race français, son porte-parole Annie Pouvesle déclare qu'aucune irrégularité n'a été trouvée, même fin avril. "Les services vétérinaires de la Préfecture suivait le dossier, et n'ont jamais constaté aucun mauvais traitement sur les chiens." Selon Pouvesle, les chiens n'ont pas été confisqués, mais la SPA a permis à Keizer de remettre volontairement les chiens parce qu'avec 90 chiens ils étaient trop nombreux. La contre action qui durait depuis des années aura finalement été de trop pour Keizer. "Elle est l'objet de harcèlement depuis de nombreuses années. Ce sont ces mêmes personnes qui sont à l'origine de la plainte, et qui répandent sur internet de fausses informations (nombre de chiens incorrect, faux témoignages, etc.)".



La SPA de St. Omer, du nom du lieu en question, déclare aussi qu'il ne s'agit pas d'une confiscation mais d'une remise volontaire. Les chiens n'étaient pas maltraités, mais beaucoup étaient mal nourris, à la limite de la maltraitance. "Ils n'étaient pas frappés ils s'agit surtout de surnombre et de manque de nourriture et soins c'est de la négligence mais ça commencé à être une forme de maltraitance." Il n'y avait pas non plus de blessures inhabituelles. Au refuge ils ont pu être re-socialisés, et l'intérêt pour les chiens s'est avéré élevé. La plupart d'entre eux ont pu être rapidement placés dans des familles.

Et avant les poursuites judiciaires, Cornelia Keizer déclare aussi qu'il y avait une chasse aux sorcières contre elle et qu'elle a essayé de réduire le cheptel depuis longtemps. "Vu mon âge, j'ai commencé il y a 10 ans à chercher un successeur pour continuer mon travail. 3 tentatives infructueuses (travail difficile, pas beaucoup de glamour à ramasser les crottes, pas de récompense financière!) m'ont poussée à donner les chiens à la principale association de protection animale. Il n'y a pas de chiens confisqués ou mal nourris." Le club de race ainsi que d'autres sources indiquent qu'ils sont régulièrement allés avec des volontaires chez Keizer pour aider, et aussi pour stériliser les chiens.

 

C'est vrai que, grâce aux efforts de Keizer, il y a toujours suffisamment de chiens, y compris aux Pays-Bas. Une source déclare à Dogzine : "A part ça elle a vendu des centaines de chiens-loups de Saarloos aux Pays-Bas entre 1995 et 2008. Sans elle il n'y aurait pas eu de population de chiens-loups de Saarloos en dehors du NVSWH." Keizer déclare elle-même : "J'aurai 70 ans cette année et j'ai passé tout mon temps pour mes chiens et pour la cynologie en général pendant 44 ans maintenant : direction de clubs canins régionaux, co-fondatrice et pendant des années présidente de l'Association des Chiens-Loups Tchécoslovaques, membre du conseil d'administration de plusieurs clubs de races français (BHCF, maintenant ABNF) et le club français du chien de montagne de l'Atlas)" La centrale canine française, la SCC, déclare qu'ils n'ont pas de dossier sur cette affaire et n'ont pas plus d'information sur le sujet.

Keizer a toujours le droit de détenir neuf chiens, même si elle indique en garder sept. Peut-être encore une portée dans le futur, mais il n'y a pas d'urgence : "Mes priorités sont un repos bien mérité et voyager!"

Aussi Keizer souhaite rester juge. "Les groupes que je juge (groupes 1, 2 et 5) me donnent l'opportunité de rester en contact avec mes races préférées et j'espère continuer jusqu'à un âge encore plus avancé !"

Malgré tout cela, le rôle de Keizer reste d'une importance majeure pour la race. Grâce à elle, même si tout n'a peut-être pas été complètement suivi, il y a toujours un nombre relativement stable de chiens-loups de Saarloos, y compris aux Pays-Bas. Cependant le NVSWH préfèrerait que ces chiens soient retirés du livre des origines. Même s'il n'y a presque pas eu de naissances ces dernières années d'après les rapports d'élevage du NVSWH, soulignent ses opposants. Le NVSWH déclare lui-même : "il n'y a pas de gros élevage au sein du NVSWH".

La date de l'appel n'est pas actuellement connue.

 

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