Le drame de La Briqueterie | Dogzine

Le drame de La Briqueterie

een van de honden

“Elle est une célébrité dans le monde du Saarloos, et une figure de la cynophilie française et européenne. Cornelia (est), plus qu'une éleveuse, (c')est une artiste, qui redessine et améliore sans cesse la race avec un oeil gauche de peintre et un oeil droit d'ingénieur en mécanique. Pour elle, une bonne construction chez le chien est une priorité absolue. Ensuite vient le mouvement. A ce jour, Corrie reste la plus grande éleveuse de la race, et continue d'élever les plus beaux chiens.”

Cette description enthousiaste de Corrie Keizer figure sur le site web de l'élevage Canens Africae, propriété de l'éleveur et juge stagiaire expo Nicolas Martin, l'un des “disciples” de Keizer. Le site web indique que Keizer est le mentor de cet élevage.

Et cela rend totalement improbable que le juge français ait accepté immédiatement la déclaration de l'avocat qui a déclaré que Keizer ne connaissait pas les réglementations et ne vivait que de manière incidente en France en tant qu'éleveur.

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De "maternite", het geboorte/zoogverblijf

Dogzine a reçu beaucoup de réactions après la publication d'un premier article sur cet éleveur de chiens-loups de Saarloos et tchécoslovaques. Nous nous pencherons lors des semaines à venir sur ces réactions pour avoir une vue globale de la situation. Ce qui s'est passé à la Briqueterie est maintenant clair. Même s'il y a différentes versions qui circulent, la Cellule Anti-Trafic nous a confirmé que 119 chiens ont été retirés. C'est sur une base volontaire et pas sur une saisie. Cependant des sources françaises nous indiquent que cela n'était pas si volontaire qu'on pourrait le croire. Une saisie légale est une action qui, en Franc e aussi, peut prendre beaucoup de temps. La gendarmerie et les organisations de protection animale étaient d'accord sur le fait qu'attendre une saisie légale n'aurait pas aidé la situation des chiens détenus par Keizer, c'est pourquoi ils ont discuté de la possibilité qu'elle remette volontairement les chiens. Cela a rendu possible le retrait immédiat des chiens, une tâche qui a nécessité quatre jours au total.

tumor
Montana (†), de hond met de tumor. 

Le membre de la Cellule Anti-Trafic qui s'est rendu sur le lieux explique qu'à première vue ce n'était pas catastrophique. Les chiens adultes étaient dans des chenils, même s'ils étaient plutôt petits. Les chiots et les jeunes chiens étaient gardés dans la maison, qui contenait aussi une “maternité”, un endroit où les chiots grandissaient. Les jeunes chiens et les femelles gestantes étaient tenues à la cave. Le membre explique que les “conditions dans lesquelles ces chiens étaient détenus sont inacceptables. Les chiens, incluant les femelles gestantes, étaient confinés dans une cave presque totalement dans le noir. Les femelles et leurs chiots étaient dans une pièce sombre et humide.”

Les femelles et leurs chiots étaient dans une pièce sombre et humide

Selon la Cellule Anti-Trafic, l'unité opérationnelle de la SPA française, l'état des chiens était grave, mais pas exagérément grave. Les chiens étaient sous-alimentés et l'un d'entre eux avait une grosse tumeur dont il est mort plusieurs jours après. Cependant l'aspect le plus inquiétant était l'état social de ces chiens. Ils étaient complètement sauvages, agressifs et/ou  peureux, en particulier les jeunes chiens qui montraient des comportements extrêmement agressifs.

alix
Alix

Dogzine avait mentionné précédemment que le replacement des chiens se déroulait bien. Cependant cela s'appliquait seulement aux chiens qui avaient été emmenés au refuge de St Omer. C'est seulement l'un des nombreux refuges où les chiens concernés par cette situation ont été placés. Les chiens qui étaient en plus mauvais état ont été placés dans d'autres refuges et organisations. Selon le porte-parole de la Cellule Anti-Trafic environ la moitié des chiens a été replacée. Cependant l'autre moitié comporte des chiens qui nécessitent beaucoup de temps pour les faire devenir des animaux apprivoisés sociables. Pour certains d'entre eux ce ne sera peut-être jamais possible. La CAT indique que les problèmes comportementaux sont le principal problème dans cette situation. Pour ce qui est des conditions de vie, ils ont vu pire.

Les descriptions des chiens dans les autres refuges confirment ces problèmes comportementaux :
"Flamm est arrivée ici squelettique et traumatisée"
"Elyah est arrivé chez nous le 10 mai avec des problèmes de peau et très amaigri"
"La mienne était cadavérique quand je l'ai adoptée"
"Elle est craintive et toute son éducation est à faire."
"Il n'a eu que trés peu de contacts agréables avec les êtres humains."


 


Une comportementaliste qui travaille au refuge de Tilloy les Mofflaines a participé à la saisie des chiens. Elle a expliqué à Dogzine la réalité choquante de la situation à l'élevage. Elle y est arrivée début mai pour prendre les chiens.

“Nous avons dû fermer les cages hautes car les chiens-loups essayaient de s'échapper en sautant au dessus des cages. Ils étaient en panique complète. Ils se cachaient pendant la journée et mangeaient comme les loups affamés la nuit. Ils étaient maigres. Dick, Freya et Alix étaient dans le même chenil, ils sont probablement de la même portée. Alix est agressive et son frère la défendait.” La comportementaliste a demandé à séparer les chiens pour les faire voyager de manière sécurisée. Alix ne fait toujours confiance à personne et personne n'ose s'approcher pour nettoyer son chenil ou la nourrir à cause de cela.

pups
Pups net na overdracht

Heyden, un chiot de 6 mois qui en avait seulement 3 d'après les dires de Keizer. “Je l'ai pris chez moi pendant 2 mois. Il ne connaissait rien, avait peur de la laisse et n'était actif que la nuit. Il avait le gabarit d'un berger allemand de 3 mois et souffrait de giardiose.”

Montana est la chienne qui avait une tumeur de 2,5 kg et de 25 centimètres. Les soigneurs pensaient qu'elle était gestante. Du fait de son état elle a dû être euthanasiée.

Pour les chiots, je n'ai jamais vu autant de détresse et de peur dans les yeux d'un animal

Lorsque les soigneurs sont arrivés, les représentants de la justice étaient déjà présents. Keizer refusait d'attraper ses chiens parce que d'après elle ils étaient dangereux. Les chenils contenaient certains des chiens “dangereux”, qui ce sont révélés être ceux en mauvais état et mauvaise santé, selon la comportementaliste. La situation ne s'est pas immédiatement améliorée après qu'ils aient été transportés vers les refuges. “Yuma est une femelle que je ne peux toujours pas toucher ou caresser à ce jour. Elle ne s'entend pas avec les autres chiens, il lui manque un morceau d'oreille et elle a une cicatrice sur le museau.“ Les autres chiens semblent tous être dans un état similaire: peureux, traumatisés et incapable de vivre comme des animaux de compagnie pour le moment. Début juin l'organisation est retournée chercher les derniers chiens restants. “Pour les chiots, je n'ai jamais vu autant de détresse et de peur dans les yeux d'un animal. Ils étaient blottis les uns sur les autres ou étaient figés par la panique“.

heyden
Heyden

Les expériences de la CAT et de la comportementaliste ont été confirmées à plusieurs reprises. Il est clair que cette situation ne s'est pas développée en quelques mois ou même en quelques années. Dogzine a parlé avec certains des volontaires qui ont aidé Cornelia Keizer à son élevage, parfois il y a des années. “J'ai vu des chiens émaciés, effrayés et qui essayaient de survivre, vivant dans la boue et l'humidité. L'endroit était envahi par de gros rats et les chiens vivaient dans des chenils et des boites en carton. Sauf pour les chiens les plus présentables. Ceux qui étaient en suffisamment bon état pour pouvoir être emmenés en expositions canines. J'emmenais souvent mes chiens dans les endroits où je travaillais, mais je ne les ai jamais emmenés là bas à cause des conditions de détention horribles de ces chiens, c'était un véritable enfer sur terre. Quand j'ai travaillé là bas, il y avait environ 80 chiens.“

Keizer, un éleveur qui produit des chiens avec pédigrées, ne se préoccupait pas de quel chien s'accouplait avec quel autre. “Quand j'ai travaillé là bas elle m'a dit un jour qu'elle avait trouvé des chiots morts dont les cordons ombilicaux étaient toujours reliés à la mère. Elle ne savait même pas que la chienne était gestante.“ Tout ceci s'est déroulé avec un club de race qui a non seulement accepté les actions de Keizer, mais qui l'a aussi reconnue comme membre de grande valeur qui a jugé la race à de nombreuses reprises. (L'association des Bergers Néerlandais, présidée par Annie Pouvesle).

hond

Et ce n'est pas tout. “Les gens qui achetaient un chien là bas recevaient un chiot né d'un accouplement accidentel sans tests de santé ni dépistages. Souvent ils ne savaient pas si le chien était un Saarloos, un tchèque, ou un mélange des deux.“

hondje

D'autres volontaires nous ont parlé du cimetière de chiens qui serait sur le terrain de La Briqueterie. La CAT ne nous l'a pas confirmé, mais ils ne l'ont pas cherché non plus. Ils n'ont pas pu non plus nous confirmer les rumeurs selon lesquelles Keizer a demandé à ses voisins de tirer au fusil et de tuer certains de ses chiens. Ceci a été indiqué à plusieurs reprises par différentes sources.

Au delà de ces expériences et confirmations sur la situation, d'autres éléments nous sont parvenus sur les pratiques d'élevage sous différents affixes. Nous allons continuer à enquêter au cours des semaines à venir.

 

 

Namen van de geciteerde personen zijn bij de redactie bekend.

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